Tu viens de perdre un être cher, et ton cœur est lourd. En plus de la peine, une question pratique te taraude : que faire de ses vêtements ? C’est une préoccupation légitime, et je suis là pour t’aider à y voir clair, avec douceur et en suivant les enseignements de notre belle religion.
Dans la tradition islamique, les habits du défunt ne sont pas de simples chiffons. Ils portent une histoire, une odeur, des souvenirs. Les gérer avec respect, c’est honorer la mémoire de la personne aimée tout en appliquant les règles de la Charia. Alhamdulillah, l’islam nous offre un cadre clair et plein de sagesse.
Découvrons ensemble ce que disent le Coran et la Sunna à ce sujet.
L’essentiel à savoir : le principe de base
Avant tout, il faut comprendre que les biens du défunt, y compris ses vêtements, font partie de son héritage. L’héritage en islam est une science précise, réglée par Allah Lui-même dans la Sourate An-Nisa. Le principe général est clair : tout ce qui appartient au défunt revient à ses héritiers légaux.
Cela inclut les vêtements. Ils ne sont pas « maudits » ou « impurs ». Au contraire, ils peuvent être une source de bénédiction pour ceux qui les reçoivent. L’idée qu’il faut tout jeter ou tout brûler est une idée culturelle, pas une règle islamique. L’islam nous enseigne la gestion, le partage et l’aumône.
Les vêtements portés au moment du décès
On me demande souvent : « Et les habits qu’il portait quand il est mort ? ». Si la personne est décédée dans des vêtements propres, ils sont considérés comme normaux. Ils entrent dans l’héritage comme les autres.
Cependant, si le défunt était en état de sacralisation (Ihram) pour le Hajj ou la Omra et qu’il décède, il y a une règle spécifique : on ne le parfume pas et on ne lui couvre pas la tête, mais on le lave et on l’enterre dans ses habits d’Ihram. C’est un cas particulier.
Dans la majorité des cas, les vêtements portés au moment du décès sont simplement lavés (comme tout vêtement) puis intégrés à l’héritage.
Le Prophète ﷺ a dit : « L’âme du croyant est suspendue à sa dette jusqu’à ce qu’elle soit acquittée. » (Rapporté par At-Tirmidhi). Cela nous rappelle que les dettes et les affaires en suspens (dont la gestion des biens) doivent être réglées avant toute chose.
Les options pour les vêtements du défunt
Une fois le défunt enterré et les premières prières faites, les héritiers peuvent choisir parmi plusieurs options, toutes bonnes et méritoires.
1. Les répartir entre les héritiers (Première option)
C’est la règle de base. Chaque héritier a droit à une part de l’héritage. Les vêtements sont évalués et répartis selon les parts légales.
- Pour les hommes : Les costumes, chemises, montres, etc., peuvent être portés par les fils, les frères ou les neveux du défunt.
- Pour les femmes : Les robes, foulards, bijoux, etc., peuvent être portés par les filles, les sœurs ou les nièces.
C’est une façon magnifique de garder un lien tangible avec la personne aimée. Porter la veste de son père ou le foulard de sa mère, c’est un peu comme sentir leur présence à nos côtés. Personnellement, je connais une sœur qui porte le manteau de sa grand-mère chaque hiver. Elle dit que ça la réchauffe autant physiquement que spirituellement. SubhanAllah.
2. Les donner en aumône (Sadaqah Jariyah) – L’option la plus récompensée
C’est sans doute l’option la plus belle et la plus recommandée. Le Prophète ﷺ a dit :
« Quand un homme meurt, ses œuvres s’arrêtent, sauf dans trois cas : une aumône courante (Sadaqah Jariyah), une science utile qu’il a laissée, ou un enfant pieux qui prie pour lui. » (Rapporté par Muslim)
Donner les vêtements du défunt à des nécessiteux, à des orphelins, ou à des associations, c’est faire une Sadaqah Jariyah en son nom. Chaque fois que quelqu’un portera ces vêtements, le défunt recevra des récompenses. Imagine la scène : un frère dans le besoin, qui n’a pas de quoi s’habiller décemment, reçoit une belle chemise. Il prie Allah. Le défunt en tire bénéfice. C’est un cercle vertueux incroyable.
Conseil pratique : Si tu choisis cette option, fais-le avec l’accord de tous les héritiers majeurs. Et pourquoi ne pas le faire lors des premières nuits après l’enterrement ? C’est un moment où le défunt a particulièrement besoin de nos invocations et de nos aumônes.
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3. Les conserver en souvenir
Certains gardent un ou deux vêtements symboliques : la dernière djellaba portée, le chèche préféré, la robe de mariée. Il n’y a rien de mal à cela, tant que cela ne tombe pas dans une vénération excessive (comme les tombes ou les reliques). C’est juste un souvenir personnel.
L’important est que cela ne devienne pas une source de tristesse permanente. Si garder ce vêtement te plonge dans une mélancolie qui t’empêche de vivre, il vaut mieux t’en séparer. La vie continue, et le défunt a besoin que tu pries pour lui, pas que tu pleures sur ses habits.
4. Les jeter ou les brûler ? (À éviter)
Certaines cultures considèrent que les affaires du mort portent malheur ou sont impures. C’est une erreur. L’islam interdit de gaspiller les biens (Israf). Jeter des vêtements en bon état est un péché, sauf s’ils sont vraiment usés et impossibles à porter ou à donner (déchirés, tachés de façon irréversible).
Quant à les brûler, cela est déconseillé. Le Prophète ﷺ a interdit de brûler les vêtements, même ceux des ennemis. Si tu ne peux vraiment pas les donner, mieux vaut les enterrer proprement ou les recycler (en chiffons, etc.). Mais honnêtement, donne-les !
Tableau récapitulatif des options
Pour t’aider à visualiser, voici un tableau simple :
| Option | Description | Récompense | Conseil | | :— | :— | :— | :— | | Héritage (Port) | Les héritiers gardent et portent les vêtements. | Normale (respect du droit). | Idéal pour les vêtements de valeur ou très personnels. | | Aumône (Don) | Donner aux pauvres ou à une œuvre de charité. | Très grande (Sadaqah Jariyah). | L’option la plus recommandée. | | Souvenir | Garder un ou deux vêtements symboliques. | Aucune récompense spécifique. | Acceptable si cela n’entrave pas le deuil. | | Jeter/Brûler | Se débarrasser des vêtements. | Péché (gaspillage) sauf si inutilisables. | À éviter absolument. |
Les étapes pratiques à suivre
Si tu es en charge de cette tâche, voici un petit guide simple :
- Lave et nettoie les vêtements : Il est recommandé de les laver par respect pour le défunt et pour celui qui les recevra.
- Réunis les héritiers : Informe tout le monde. Explique la situation. Propose les options.
- Priorise le don : Encourage les héritiers à donner la majorité des vêtements. Dis-leur : « Imaginez la récompense pour papa à chaque fois que quelqu’un portera son manteau en hiver ! »
- Distribue avec discrétion : Si tu donnes à des pauvres, fais-le sans chercher à être vu. La charité discrète éteint la colère d’Allah.
- Invoque : Quand tu donnes, dis : « Ô Allah, accepte cette aumône de la part de [nom du défunt] et fais-lui en parvenir la récompense. »
Le cas des vêtements de luxe ou précieux
Que faire si le défunt avait des vêtements de marque, des bijoux ou des montres de valeur ? La règle est la même : ils font partie de l’héritage. Il est préférable de les vendre et d’intégrer l’argent à la masse successorale, ou de les donner en aumône.
Par exemple, un frère avait une Rolex. Ses enfants ont préféré la vendre et donner l’argent à une association qui const
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Aïcha Marouane
Rédactrice — Vie islamique & spiritualité
Spécialisée dans la spiritualité et le droit islamique, Aïcha partage des articles accessibles fondés sur le Coran et la Sunna authentique pour répondre aux questions du quotidien.